jeudi, 28 mai 2009
Libéralisme et écologie
Par Xavier Châtellier, Docteur en Sciences et Examinateur à l'Office Européen des Brevets. Ancien candidat AL aux législatives sur Rennes et ancien responsable du comité Ille-et-Vilaine
Le libéralisme est en général perçu comme une doctrine dangereuse pour l’environnement, et l’on ne conçoit souvent le progrès d’une politique écologique que dans le cadre de restrictions et de lois supplémentaires. Pourtant, un peu plus de liberté dans notre société serait bien souvent utile pour laisser s’exprimer les initiatives écologiques. Pour illustrer ce point de vue, je vous invite à vous renseigner sur les législations qui se sont peu à peu accumulées en France concernant la vente de produits naturels et qui ont mené entre autres à ce que certains appellent aujourd’hui « la guerre de l’ortie ».
L’ortie, outre ses propriétés alimentaires et médicinales, est l’un des auxiliaires de choix dans l’agriculture écologique, servant de fourrage pour le bétail et, sous la forme de purin d’ortie, d’engrais et de stimulateur des défenses immunitaires pour la culture et la protection des plantes. Le développement de la culture et de l’usage de cette plante présente donc un intérêt écologique évident.
Pourtant, en 2006, la loi d’orientation agricole (LOA) a interdit la mise sur le marché, l’utilisation, la détention et même la simple recommandation de produits phytosanitaires non homologués. Ces restrictions, qui s’appliquent entre autres aux produits naturels, dont l’ortie et les préparations à base d’ortie, ont mené à une levée de boucliers de la part des environnementalistes et, après trois années de tergiversations, il semble qu’un décret soit, peut-être, sur le point d’être introduit pour les corriger.
Cet exemple illustre sur un cas précis que l’excès de lois dont notre pays est victime étouffe trop souvent la créativité des individus et l’émergence de solutions locales aux problèmes, notamment environnementaux, auxquels notre monde est confronté.
Au-delà de l’exemple de l’ortie et de la LOA de 2006, saviez-vous qu’il n’existe que 34 plantes en vente libre en France et que seulement 7 d’entre elles peuvent être vendues mélangées les unes aux autres (camomille, hibiscus, cynorrhodon, menthe, oranger, tilleul et verveine) *? Saviez-vous que la vente de certaines autres plantes telles que le thym et le romarin n’est tolérée que dans quelques cadres très définis tel que pour un usage explicitement spécifié comme condimentaire ou aromatique ? Saviez-vous que certaines plantes sont en vente libre dans les épiceries mais interdites dans les pharmacies (exemple : la badiane) ? Ou que la liste des plantes interdites et autorisées varie grandement d’un pays à l’autre ? Tout cela a-t-il vraiment du sens ?!!...
Que peut apporter sur ces questions une politique libérale au niveau européen ? Une recherche d’harmonisation, pourquoi pas, mais, autant que possible, pas dans le cadre d’une logique d’interdictions supplémentaires. Au contraire, il est temps que les plantes qui ne présentent pas une toxicité avérée puissent être utilisées et commercialisées sans restriction aucune. Il est temps que la logique de l’Europe ne soit plus de tout décider ou réguler mais au contraire de garantir autant que possible la liberté de chaque individu, dans tous les domaines, y compris ceux évoqués dans cet article… Ainsi la créativité de chacun pourra s’exprimer pour rechercher des solutions nouvelles ou retrouver des solutions anciennes. La diversité et la compétition des idées et des initiatives a un rôle important à jouer dans l’émergence des modèles de développement qui protégeront mieux notre environnement. Les libéraux sont là pour le rappeler !!....
*source : « Petit Larousse des plantes qui guérissent » de Gérard Debuigne et François Couplan (www.couplan.com).
19:35 Publié dans Mon engagement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alternative libérale, libéralisme et écologie, xavier châtellier, oeb, office européen des brevets





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