jeudi, 12 avril 2007

Bayrou un candidat exceptionnel mais pas encore l’homme providentiel

Comme plus de 2.000 personnes, je suis allé mercredi soir au parc des expositions d’Angers pour écouter François Bayrou.

Je souhaitais l’interpeller sur les parachutes en or des députés, il a en partie répondu à mes attentes en évoquant le fait que « l’Etat devait s’appliquer à lui-même, les règles qu’il impose aux autres » en soulignant, à raison, qu’il s’agissait « d’une véritable révolution », la révolution légale qu’appelle Alternative Libérale de ses vœux.

medium_revolution_legale_privileges.jpgLa révolution que souhaite mener François Bayrou dans le domaine de l’exemplarité de l’Etat demeure néanmoins assez timide : il propose de réduire le budget de l’Elysée de 20% la première année de son entrée en fonction alors qu’il a été multiplié par 8 (+900% !) - de 4 à 32 Mds € - sous la présidence Chirac. De même, François Bayrou a été plus prompt à dénoncer les parachutes en or des grands patrons d’industries et à évoquer une « loi de moralisation de la vie économique » qu’à souligner la nécessaire moralisation de la vie politique.

Or, c’est à nos dirigeants politiques de donner l’exemple en luttant contre la corruption, les privilèges et les passe-droits. Ils devraient par ailleurs éviter la schizophrénie qui les guettent lorsque, de concert, ils crient haro sur des patrons qu’ils ont eux mêmes mis aux commandes des grands groupes industriels, et sur leurs parachutes en or qu’ils ont avalisés en tant qu’actionnaire de référence.

De plus, dans un discours général, parfois un peu stratosphérique, François Bayrou a exposé à l’assistance la société qu’il appelle de ses vœux et vers laquelle il essaiera de faire évoluer la société française s’il est élu Président de la République.

Cette ambition de modeler la société à l’image de ce à quoi l’on aspire, n’est pas une conception libérale de la société et de la politique. Pour les libéraux, le rôle du politique est de garantir aux personnes qui composent la société la liberté de la faire évoluer à leur échelle dans le respect des droits de chacun.

Enfin, si sur la très grande majorité des sujets, l’analyse de la situation et le diagnostic de François Bayrou correspondent aux nôtres, les ébauches de solutions présentées par le candidat à l’élection présidentielle sont souvent déconcertantes : maintien de la carte scolaire pour garantir l’égalité des chances, maintien du monopole de La Poste et de Gaz de France assurer les missions de service public et l’approvisionnement énergétique, limiter les échanges et développer la préférence communautaire pour permettre le développement des pays pauvres et en particulier des pays Africains.

S’il était encore besoin d’expliquer pourquoi les libéraux ne croient pas que les solutions évoquées par François Bayrou sont de nature à résoudre les problèmes majeurs qu’il a mis en exergue, une seule constatation suffirait : il ne s’agit, ni plus ni moins, que de la politique mise en œuvre depuis plus de trente. Celle qui nous a mené à « la situation de la France en 2007 qui est plus grave que celle de 1954 ou 1958 » pour reprendre les propres mots du président centriste.

François Bayrou est donc peut-être un « candidat exceptionnel » (Jean Arthuis) car il expose sans complaisance la gravité des faits. Cependant, pour qu’il devienne l’homme providentiel, il lui faudra renoncer aux sophismes économiques et se détourner des sirènes socialistes. En tous les cas, il pourra compter sur nous, candidats d’Alternative Libérale aux législatives pour l’aider à prendre le chemin difficile, semé d’embûches, du redressement, celui de la liberté, et ne pas s’égarer sur la route de l’interventionnisme, celle qu’aime tant nos dirigeants car elle est pavée de « bonnes intentions ».

Louis-Marie Bachelot

mercredi, 11 avril 2007

AL Maine & Loire demande aux députés Angevins sortants de renoncer à leur parachute en or

Communiqué de Presse 11 avril 2007

Non au parachute en or des députés !

Passé inaperçu lors de son adoption en 2003, le changement de règle du versement des « allocations d’attente » en cas de non réélection des députés s’étale finalement au grand jour. Au-delà de l’absence scandaleuse d’information lors de son adoption et de la tentative d’escamotage éhontée que mène actuellement la Présidence de l’Assemblée Nationale, ce sont le coût et la nature même de cette mesure que le Comité Maine et Loire d’Alternative Libérale souhaite dénoncer.

« Le Comité Maine et Loire d’Alternative Libérale appelle les députés sortants du département qui seront concernés par cette mesure au terme des élections législatives, et en particulier René Bouin, à renoncer à leur parachute en or ».  Louis-Marie Bachelot, responsable du Comité Maine et Loire d’Alternative Libérale, candidat sur la 1ère circonscription du Maine et Loire

En 2003, les députés se sont octroyés, en catimini, une multiplication par dix de la durée de leurs « allocations d’attente » en cas de non réélection la portant de 6 mois à 5 ans. Dégressive, elle est de 100% de l’indemnité, soit 5.132 € net sur les six premiers mois, puis décroît de 70% à 20% par période de 6 mois. L’allocation représente donc une indemnité de plus de 1.000 € au bout de 5 ans et un coût cumulé de 152.560 € par député.

Selon, Patrick Ollier, nouveau Président de l’Assemblée Nationale, cette allocation serait financée par une cotisation de 0,5% prélevée sur les indemnités de base des députés. Or, cette cotisation ne permet de prélever que 926.600 € sur 5 ans soit à peine plus que le coût de la couverture pour 6 députés. En 2002, 79 députés non réélus ont bénéficié de ce système et selon les propres dires de M. Ollier « au bout de deux ans il y en a eu 11 qui ont fait appel à ce fonds » (RTL, 4 avril 2007). Le nouveau système est donc structurellement déficitaire. De plus, sur la base de la seule règle précédente allouant à chaque député non élus 6 mois d’indemnités, le coût des 79 députés non réélus a représenté 2.537.308 € soit plus de 164 mois de cotisation à 0,5% par les 577 députés de l’Assemblée Nationale, c'est-à-dire près de  14 années de cotisations.

Il est donc manifeste que les députés se paient un parachute en or sur le dos des contribuables. Par ailleurs, les arguments utilisés pour justifier cette allocation – difficultés des députés issus du privé à retrouver un emploi, levier pour inciter les non fonctionnaires à se présenter – sont pour le moins peu crédibles. Un ex-député, après 5, 10, 15 ou 20 ans à entretenir ses réseaux, serait-il à ce point inemployable, tel un chômeur de longue durée ? De même, la réalité de la sous représentation des députés issus du privé n’est-elle pas plutôt liée à la difficulté de se présenter lorsque que l’on est salarié ou travailleur indépendant et à l’absence de risque pour ceux issus de la fonction publique ?

Pour ces différentes raisons, le Comité Maine et Loire d’Alternative Libérale demande instamment aux députés sortants qui seraient susceptibles de bénéficier de l’allocation d’attente au terme des élections législatives de juin prochain, de renoncer à ce parachute en or. Le Comité demande en particulier à René Bouin, député sortant de la 1ère circonscription qui ne se représente pas, d’annoncer dès à présent qu’il ne sollicitera pas ce mécanisme. « Suite à la nomination de Mme Narquin au gouvernement en 2002, René Bouin, son suppléant, a perçu pendant 5 ans des indemnités de députés pour un total de plus de 300.000 €  net » indique Louis-Marie Bachelot, Responsable du Comité Maine et Loire d’Alternative et candidat sur la 1ère circonscription. « En terme de production, M. Bouin n’a, à son actif, que 5 questions posées au gouvernement, soit une rémunération de 60.000 € par question. Il serait donc véritablement immoral qu’il perçoive un centime de plus des contribuables » ajoute-t-il.

Le Comité Maine et Loire d’Alternative Libérale souhaite également profiter de la venue de François Bayrou à Angers pour l’interpeller sur la question. « Au-delà d’une  simple posture, François Bayrou doit se prononcer clairement sur l’abrogation de ce mécanisme s’il accède à la Présidence de la République. S’il le faut, j’irai moi-même lui poser la question ce soir au Parc des Expositions » déclare fermement Louis-Marie Bachelot.