mardi, 20 mars 2007
Bayrou ou Sarkozy ?
Voilà tout juste une semaine que notre candidat à la présidentielle, Edouard Fillias, disqualifié par le système si peu démocratique des 500 signatures, a annoncé son soutien personnel et celui de notre mouvement à François Bayrou.
Bien que ponctuel et clairement limité, ce soutien n’est pas sans soulever des questions et des réprobations parfois vives au sein des adhérents et sympathisants d’Alternative Libérale. C’est le cas en Anjou comme ailleurs.
Présent à la conférence de presse d’Edouard le 13 mars, je n’ai pas souhaité réagir à chaud car je suis moi-même partagé sur la question :
Les arguments sur la « révolution légale » et les propositions de réformes institutionnelles que nous partageons en grande partie avec l’UDF me semblent tout à fait recevables et pertinents. Je doute, cependant, que François Bayrou réussisse dans un gouvernement et une majorité ouverts aux quatre vents à surmonter les conservatismes de gauche et de droite afin de mettre en œuvre une réforme aussi ambitieuse. Par ailleurs, comme l’a d’ailleurs très bien souligné Edouard, François Bayrou n’est pas un libéral, son programme fiscal notamment en atteste (taxation progressive des énergies fossiles, TVA sociale, harmonisation des politiques fiscales en Europe,…).
Certains adhérents et sympathisants auraient préféré un soutien à Nicolas Sarkozy. Mais Nicolas Sarkozy est-il libéral ou du moins plus libéral que François Bayrou ? A l’aune de son programme économique (pilotage politique de la monnaie et des taux d’intérêts, préférence communautaire, harmonisation fiscale,…) et de son action au ministère de l’économie et des finances (interventionnisme dans la fixation des prix, dans les stratégies des groupes industriels privés, renationalisations déguisées…), j’en doute fortement.
Bien qu’ayant refusé d’intégrer l’UMP suite à la disparition de Démocratie Libérale, j’ai un temps pensé que les libéraux pourraient de l’intérieur faire avancer les idées libérales au sein de l’UMP. La création du groupe des Réformateurs et la réorganisation des Jeunes Populaires sous l’impulsion de Marie Guévenoux (Bureau_Jeunes_Pop_sept_2004.bmp) et de la majorité de l’équipe jeune avec qui j’avais travaillé pour la campagne d’Alain Madelin en 2002, étaient de bonne augure. Malheureusement, aucun résultat significatif n’a été obtenu par le groupe des Réformateurs pourtant fort de plus de 70 députés et les efforts de démocratie interne et de formation sur le fond des Jeunes Populaires – j’avais élaboré un projet de formation sur trois ans pour les jeunes de l’UMP dont Marie Guévenoux s’était inspirée pour sa campagne interne au poste de Président des Jeunes Pop – ont été balayés d’un revers de main par Nicolas Sarkozy à son arrivée à la tête de l’UMP.
A titre personnel, je suis ainsi particulièrement sceptique quant à la volonté et la capacité des deux prétendants à la présidence à « ouvrir des portes à la liberté ». Pour autant, l’abstention ou le vote blanc ne me semble pas, dans le cadre électoral actuel, être de nature à faire avancer nos idées.
C’est donc aux candidats Bayrou et Sarkozy, à leurs équipes et à leurs supporteurs de nous convaincre qui d’eux deux sera le plus à même de recevoir notre message et de nous faire avancer sur le chemin de la liberté.
Cependant, je suis persuadé que quelque soit le résultat des scrutins des 22 avril et 6 mai prochains, les idées libérales ne seront prises en compte et ne pèseront au-delà de la campagne que si nous rentrons au Parlement.
Désormais, le véritable enjeu pour les libéraux n’est pas de savoir quel sera le nom de notre futur Président de la République mais de prendre toute notre place à l’Assemblée Nationale.
Le 17 juin prochain, faisons du Palais Bourbon notre Bastille.
Louis-Marie Bachelot
20:00 Publié dans Présidentielle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Sarkozy, présidentielle, Madelin, Bachelot, Fillias



